Un musée de l’entreprise ADIDAS va ouvrir à HERZOGENAURACH. Ville de Bavière, en Allemagne, cette commune est connue pour accueillir les sièges des plus grands équipements sportifs au monde à savoir ADIDAS et PUMA. Notre municipalité se fait le porte parole en proposant aux heureux possesseurs de chaussures de la marque de les retrocéder en vue de leurs expositions. Quel honneur ! mais qu’ allons nous exposer le moment venu dans le futur musée de la chaussure prévu depuis de longues années à Dettwiller ? Le local existe, il ne demande qu’à être réhabilité et des subventions, à plusieurs niveaux, (aménagement, équipement, fonctionnement) peuvent être demandées auprès de différentes instances comme le Conseil Général, le Conseil Régional…. Cette réalisation permettrait à chacun d’y déposer leurs ”reliques” sans frais d’expédition vers la Bavière. Mais la Municipalité pourrait peut-être sans charger pour les généreux donateurs ! Par ailleurs, je propose que la Commission Jumelage envisage un partenariat avec HERZOGENAURACH afin de profiter de ce vivier à chaussures pour notre “futur musée”…..Musée qui était au programme présenté par les 2 listes lors des dernières élections municipales.
Dettwiller était jadis la capitale européenne de la chaussure. Des centaines, si ce n’est des milliers de travailleurs débarquèrent le matin avec le train, le vélo, à pied, pour travailler, se faire exploiter dans les usines dont Adidas était l’une parmi d’autres des plus florissantes.
Dettwiller première victime des délocalisations il y a déjà plus de trente ans, a servi de laboratoire pour ce genre d’économie au service du financier, du profit immédiat. Aujourd’hui, il ne reste rien de la splendeur passée, les ateliers et les savoir-faire ont disparus. D’autres comme B.Tapie sont passés par ici et ont fait leurs business.
Il était question il y a encore peu de temps d’installer un musée sur notre commune pour commémorer et honorer les talents qui se sont exprimés ici autrefois. « Bachknippe » en alsacien étaient –ils appelés et ce surnom nous est resté. Bref une identité propre et un patrimoine. Qu’en est-il de cet objectif ?
L’utilisation du terme « rétrocéder » est complètement mal venue. La définition de ce mot est : « Céder, vendre à quelqu’un ce qu’on avait acheté pour soi. » Je vous laisse juge des mots employés, à moins qu’ils ne s’agissent des achats de chaussures de la marque aux trois bandes effectués dans les magasins de la commune. A priori, l’annonce reflète donc bien un abandon, une méconnaissance de notre cité jouant de plus en plus un rôle secondaire au plan local. Cette proposition est une gifle à l’imagination et aux talents d’autrefois. Notre histoire bafouée, une mémoire collective ignorée.
A suivre…